Zone de Texte: v     Le vieil homme :
Le vieil homme était assis là, sur son tabouret, comme il l’avait fait tous les jours pendent 40 ans. Moi, je le regardais comme je le  faisais tous les jours depuis 5 ans, j’avais alors 9 ans et lui près de 76 ans. Je le voyais prendre son médicament que sa femme lui apportait sur un petit plateau doré avec un verre d’eau. Il avalait son cachet et il continuait à travailler, à caresser son objet fait de bois. Il était ébéniste. Il aimait son œuvre. Il cherchait le moindre petit défaut, la moindre impureté, il ressentait même la chaleur de la matière qu’il travaillait. Il sait à quel point son ouvrage aura de l’importance dans la vie de son futur possesseur ! Il imagine leurs vies ensemble, leurs joies…. entre l’objet et l’utilisateur on retrouve alors l’amour qu’avait cet homme pour son travail, grâce à lui ce propriétaire est heureux. Mais, ce vieil homme est toujours seul dans son atelier. Je me disais que ses jours étaient comptés et que ses mains allaient disparaître avec lui, emportant la beauté de ses sujets issus de sa virtuosité. « Dommage ! ». Son savoir ne viens pas seulement de son père, mais aussi de ses années où son dos  s’est courbé. Lui n’a pas d’enfant, personne n’est venu chercher ce qu’il savait et ce qu’il aurait pu donner très volontiers. Leurs prétexte  « ce que fait le monsieur est trop difficile et on ne gagne pas beaucoup d’argent pour ce que l’on fait ». Ceux là ont tord, car cet homme partira riche de souvenirs, d’histoires, d’anecdotes, de connaissances, de sourires ravis de ses clients, de leurs reconnaissances et  de leurs contentements il en a fait son meilleur salaire. Au revoir « monsieur l’artisan » et merci pour avoir donner à ma vie un sens logique et un confort extraordinaire grâce à vos si beaux meubles !       
(Histoire que j’ai vécue).
 
 

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